28 mai 2009
Allègre, le réchauffement climatique et la bagnole
La rubrique La Chaine Energie du site l'expension.com dont nous avon déjà relaté la pertinence des exposés, publie un article intéressant et synthétique sur la question.
Au sein de La Voiture Autrement, nous pensons que l'actualité, les médias et les politiques focalisent beaucoup trop sur le seul pilier "environnement" du développement durable qui en comporte pourtant deux autres : "économique" et "social". Si la thèse d'Allègre se révelait vraie, et si une nouvelle énergie, totalement verte, tombait du ciel par miracle, nous n'en aurions pas pour autant terminé avec la voiture consommatrice d'espace (au détriment d'espaces verts ou de pistes cyclables), bruyante, insécure et coûteuse (possession, usage, temps perdu dans les embouteillages) !
Bref, la voiture électrique ne nous sauvera pas, hélas. Les chercheurs européens sont unanimes (à un Mammouth près) : les seuls avancées technologiques ne permettront de répondre, dans le meilleur des cas, qu'à 50% des objectifs de réduction des gaz à effet de serre sur le continent (- 20 % en 2020). Il faut donc inciter, sensibiliser, offrir des alternatives, investir. Dommage, le plan de relance français met en avant la voiture et la route... Quel anachronisme !
25 mai 2009
Autolib Paris : La Voiture Autrement et Les Verts montent au créneau

A l'occasion d'une interview publiée dans le quotidien gratuit 20 Minutes, l'association La Voiture Autrement a réaffirmé le fort potentiel de développement de l'autopartage et son opposition au projet Autolib Paris, couteux et non respectueux de l'environnement.
Quelques jours plus tard, le groupe des Verts au Conseil de Paris reprenaient les même arguments et proposaient à Bertrand Delanöe un développement massif de l'autopartage en Ile-de-France, en s'appuyant sur les entreprises déjà en place (Mobizen, Okigoo, Caisse commune, Carbox). Mais ce dernier ne semble pas les entendre. Le contribuable parisien pourrait payer très cher cette guerre politique...
Lien vers l'article de 20 Minutes
Lien vers la proposition des Verts de Paris
Lien vers l'argumentaire de La Voiture Autrement contre Autolib Paris
Location privée et copropriété : deux autres manières d'utiliser la voiture autrement
En mettant à disposition "une voiture juste quand il faut", ces systèmes encouragent la dépossession de la voiture et l'usage abusif qui va avec.
Mais d'autres idées peuvent être déployées pour atteindre cet objectif.
- Le site internet Zilok permet à des particuliers de louer tout objet utilisé : perceuse, skis, console de jeux et.. voiture ! Plus de 3000 véhicules sont prêts à être loués !
- La société Autocopro propose elle de trouver des copropriétaires et d'assurer l'achat et la gestion de véhicules (entretien, parking, réservation,...)
Location privée et copropriété, deux nouvelles formes d'économie de fonctionalité qui favorisent un usage rationnel de la voiture !
16 avril 2009
Vers une concentration des activités de mobilité ?
Et puis il y a eu Vélov/Vélib, le Grenelle de l'environnement, Autolib, les sondages d'opinion... Et parler de mobilité durable c'est désormais être dans le coup ! En parallèle, les grands opérateurs de mobilité que sont les loueurs de voiture et les exploitants des transports collectifs, ont saisi le potentiel du marché qui s'ouvre devant eux et la complémentarité possible avec leur métier historique. Et les collectivités, par l'intermédiaire du Groupement des autorités responsables des transports (Gart) de réclamer l'intégration de toutes compétences liées à la mobilité urbaine au sein des intercommunalité (transports collectifs mais aussi voirie, vélos, stationnement, taxis, autopartage, covoiture,...) : les fameuses autorités organisatrice de la mobilité durable (AOMD).
Les lignes bougent donc...
La SNCF est en première avec l'annonce en octobre 2008 de l'achat de licenses de taxis parisiens pour mieux desservir ses gares. Mise en service en 2009. La SNCF va plus loin en investissant le marché de l'autopartage et du covoiturage :
- Elle s'associe à Avis et Vinci, gestionnaire du service d'autopartage parisien Okigo depuis 2007, et la RATP, en prévision de la réponse à l'appel à projet Autolib Paris (si celui-ci se concrétise....voir notre article critique sur le sujet). La Bluecar de Bolloré serait présentie pour être la voiture électrique proposée par le groupement.
- Elle rachète, en avril 2009, 20% du capital (1 millions d'euros) de l'entreprise Green Cove qui est l'un des leader du covoiturage en France avec le site http://www.123envoiture.com/
Parmi les loueurs de voitures, Hertz est le plus dynamique. Outre une forte baisse de ces tarifs de location, Herts s'est d'abord lancé dans l'autopartage avec sa nouvelle filiale Connect by Hertz. Il vient aussi de racheter la société Eileo, un des deux systèmes de gestion de l'autopartage en France (logiciels, traçabilité,...).
Enfin, les grands opérateurs de transports publics investissent le marché. Transdev, filiale de la Caisse des Dépots, a racheté fin 2008 Caisse Commune, 1ère société d'autopartage en France implantée à Paris et s'est positionné sur l'appel d'offre Autolib de la mairie de Parisface notamment à la RATP qui fait partie de son capital... Transdev intervient aussi localement à travers les SEM dont elle est actionnaire. Elle a lancé Marguerite, l'autopartage Nantais en avril. A Montpellier, elle expérimente la gestion globale de la mobilité (exploitant du réseau de transports urbains TAM, concessionnaire des parkings de la ville, service de location de vélo Vélomagg et autopartage avec Modulauto).
A Lille, Keolis, filiale de la SNCF, fait partie des actionnaires de la société coopérative Lilas Autopartage.
Enfin Veolia s'associera à Heuliez qui cherchera à sauver sa peau avec sa voiture électrique Friendly, en vue de l'appel à projets Autolib Paris.
Que penser de la voiture à 1 € ?
Le concept ? La mise à disposition d'une voiture à faible émission de C02 aux salariés d'une entreprise pour 1 euro par jour (assurance, entretien et publicité sur la voiture compris). Pour l'entreprise, l'intérêt tient dans la fidélisation de ses employés et l'image sociale et environnementale véhiculée, le tout pour environ 180€/mois.
Points positifs :
- la création d'un lien de solidarité entre l'entreprise et son employé
- si l'entreprise se trouve en périphérie ou en pleine campagne (pas de ligne de transports collectifs), que les employés habitent à plus de 4-5 km de l'entreprise (utilisation du vélo complexe), et loin les uns des autres avec des horaires libres (pas de covoiturage possible),... alors oui ce concept est intéressant dans la mesure où participe au renouvellement du parc automobile et facilite l'accès à l'emploi
Points négatifs :
- que dire si l'entreprise ne répond pas aux conditions ci-dessus....
- une belle concurrence aux Plans de Déplacements Entreprises (PDE)
- et toujours et encore plus de pub partout...
Le site de la voiture à 1 €
Au travail sans ma voiture à Besançon
C'est dans ce contexte que l'agglomération de Besançon lance le concours "au travail sans ma voiture". L'objectif est de se passer de sa voiture individuelle pour se rendre au travail pendant au minimum 5 jours durant la période du 8 au 21 juin, soit un jour ouvré sur 2.
Cette initiative arrive alors même que les dispositifs du type "journées sans voiture" ont montré leurs limites (trop radical, démarche qui ne vient pas de l'individu,...).
Espérons que les entreprises joueront le jeu.
Lien vers le site de Ginko, le réseau de bus de Besançon
Besançon est aussi engagé dans un appel à projets pour la mise en place d'un système d'autopartage.
Biocarburants : le revers de la médaille
Voici une selection d'articles sur internet :
- sur le site de CarFree
- sur le très intéressant site La Chaine Energie de l'Expension.com
Ce qu'il faut retenir :
Les biocarburants de 1ère génération sont issus de produits alimentaires. Leur développement déséquilibre les marchés et engendre des investissements sur des terres qui ne sont alors plus disponibles pour nourir les populations locales.
La sonnette d'alarme a été tirée à plusieurs reprises par les experts et les associations. Mais l'Etat français estime qu'en favorisant les biocarburants de 1ère génération, il accélère le développement des biocarburants de 2ème génération. Pendant ce temps là, l'Allemagne a abandonné l'E10 et des africains meurent de faim... Mais la crise et un prix du pétrole bas pourrait ralentir l'engouement.
Calculez de la quantité de blé nécessaire pour vos parcours en voiture utilisant des agrocarburants de 1ère génération : http://www.agrocarb.fr/carte-de-france-interactive.php
Tansmettez le message autour de vous, boycottez l'E10 et attendez les biocarburants de 2ème génération (produits à partir des feuilles, du bois, de la paille)
28 mars 2009
De la voiture individuelle à l'autopartage : bilan vécu chiffré
Pour cela, j'ai repris mes factures datant des années 1999 à 2004, période où j’utilisais ma voiture individuelle, et fait le bilan de celles liées à l’utilisation de l’autopartage et de loueurs privés, de 2005 à 2008.
Quand je possédais une voiture..
A quoi me servait-elle ?....
Je faisais 10 000 km par an en moyenne essentiellement pour les loisirs, les courses, et rarement pour le travail.
…et combien me coûtait-elle ?
Elle me coûtait presque 4000 euros par an, sans compter l’amortissement de son acquisition, car on me l’avait donnée.
Comme pour tous les automobilistes occasionnels, je payais beaucoup plus de coûts fixes liés à la possession d’une automobile (assurance, parking, entretien) que pour mes déplacements eux-mêmes (essence).
…. Et maintenant, sans voiture individuelle
J’ai vendu cette vieille voiture, et utilise depuis 2005 pour mes déplacements automobiles l’autopartage, en association avec le recours à des loueurs privés. Qu’est-ce qui change ? Sans avoir le sentiment d’être moins mobile, je fais beaucoup moins de km par an en voiture : entre 3500 et 7000 km par an maintenant.
Que sont mes déplacements automobiles devenus ?
J’ai supprimé certains déplacements en voiture : je ne vais quasiment plus au supermarché, mais utilise le plus souvent les achats en ligne; je ne vais plus jamais au travail en voiture. J’utilise une voiture pour des courses diverses où elle reste indispensable, et souvent, j’en profite pour faire d’une pierre deux coups : déchetterie puis supermarché, par exemple. Pour les déplacements de loisirs, j’ai recours à l’autopartage pour les sorties de courte durée et les loueurs privés pour les déplacements longs.
Selon les années, la répartition des km parcourus entre loueurs privés et auto-partage est très variable:
Mais en moyenne sur ces quatre années, j’ai fait 5000 km/an en voiture, soit deux fois moins qu’à l’époque où je possédais ma voiture.
Et mon budget ?
Ainsi, mes dépenses « voiture » depuis 2005 varient entre 1300 et 2200 euros par an, tout compris :
Pour conclure, quel bilan mensuel ?
Le bilan est financièrement limpide. Ramené en moyenne mensuelle, je dépense plus de deux fois moins pour mes déplacements automobiles. Si je fais la moyenne sur les huit années, voici la moyenne des dépenses voiture :
Voiture individuelle : 320 euros par mois
Autopartage + location privée : 148 euros par mois
L’autopartage associé à la location privée est donc économique, d’une part parce qu’il élimine les frais fixes considérables liés à la possession d’une voiture, d’autre part parce qu’on rationalise ses déplacements automobiles
L’autopartage et la location privée sont aussi écologiques, car ils incitent à reporter certains trajets faits « par routine » en voiture vers d’autres modes, et à planifier en les regroupant ses déplacements automobiles, ce qui au total diminue les émissions de CO 2.
26 mars 2009
Quand les assurances s'y mettent...
Dans un autre style, amaguiz.com propose des tarifs liés au kilométrage effectué. Une incitation à la réflexion sur l'usage de la voiture en ville et un signe supplémentaire : il se passe quelquechose en ce moment autour de l'objet voiture...
Grand Paris et la voiture
A retrouver sur le site de l'association Car Free qui milite pour une ville sans voiture.
A La Voiture Autrement, nous sommes moins radicaux et plus réalistes. Nous militons pour une ville où la voiture serait à sa juste place, "juste quand il faut"
25 mars 2009
L'autopartage sur le lieu de travail : la solution Carbox

Le parco-partage : une fausse bonne idée venue de Suisse ?
Il est de notoriété publique que la Suisse est un modèle de mobilité durable pour nous français. Le rapport à la voiture y semble différent et plus en phase avec les valeurs que défend l'association La Voiture Autrement. On y constate en effet :- un fort taux d'usage des transports collectifs alors même que le nombre de voitures/habitants est au même niveau qu'en France
- plus de 65 000 autopartageurs avec le service Mobility (à peine 10 000 en France)
Mais la vision pragmatique des Suisses poussent parfois à ces situations paradoxales. C'est le cas du parco-partage, un système de partage d'espace de parking par location privée, "sharedparking" en Suisse.
L'idée de base semble bonne. Au même titre que l'autopartage vise à rentabiliser l'usage d'une voiture, pourquoi ne pas partager sa place de parking la journée alors même qu'elle reste vide ?
La différence, c'est que ce système favorise un usage non raisonné de la voiture. En effet, on sait aujourd'hui que le stationnement est un des principaux leviers de report modal de la voiture vers les modes alternatifs.
Alors comment combiner cette bonne idée de rentabilisation des parkings privés avec les objectifs de mobilité durable ?
L'appel à idées est lancé ! N'hésitez pas à contacter La Voiture Autrement : lavoitureautrement@gmail.com
Une 1ère idée : supprimer autant de places sur voirie que de places privées mises en partage
8 mars 2009
Pollution au volant...
L’ORAMIP (Observatoire Régional de l’Air en Midi-Pyrénées) a réalisé une étude au printemps 2008 afin d’évaluer l’exposition des personnes à la pollution de l’air dans différents moyens de transport : voiture, bus, métro, marche à pied et vélo. Pour ce premier volet de l’étude, trente cinq déplacements, parmi les plus empruntés dans l’agglomération toulousaine sur le trajet domicile-travail, ont été étudiés aux heures de pointe et comparés aux concentrations enregistrées sur les sites de mesures fixes de l’ORAMIP.

Les premiers résultats obtenus sont identiques à ceux obtenus au cours d’une étude similaire à Paris : l’automobiliste au volant de son véhicule ainsi que ses passagers sont les plus exposés à la pollution de l’air. Ces résultats mettent à mal des idées reçues selon lesquelles les automobilistes seraient “protégés” de la pollution par l’habitacle de leur voiture, à la différence des piétons et des cyclistes. En fait, il n’en est rien, bien au contraire, l’habitacle des voitures concentre les polluants, à la fois du fait de son exiguïté et de la nature même de la circulation automobile (congestion, attentes aux feux en file, etc.).
Télécharger l'intégralité de l'étude
On ne parle pas que de voitures !
Les solutions que nous promouvons (autopartage, covoiturage,...) permettent en effet d'augmenter le report modal de la voiture indivuelle vers les modes alternatifs.
A travers le clip ci-dessous sur l'usage du vélo à Copenhague, nous souhaitions donc rappeler une partie de nos valeurs.
Copenhagenize.com - Winter Cycling from Colville Andersen on Vimeo.
Impressionnant la saleuse spéciale pistes cyclables...
Bilans écologiques et transparence

Le site Scientific American nous fait part d'une étude réalisée par Toyota qui montre que garder une voiture le plus longtemps possible peut s'avérer plus écologique qu'une mise à la casse anticipée. En effet, la fabrication et le transport d'une voiture représenterait environ 28% de son emprunte écologique sur l'ensemble du cycle de vie.
On comprendra derrière cette étude les intérêts de la firme Toyota dont les voitures sont connues pour être les plus fiables au monde ! Mais même si le chiffre affiché est erroné, cette étude à la mérite de mettre en lumière une mauvaise appréhension des questions liées aux pollutions des voitures. Trop souvent, les politiques se contentent de prendre des décisions sur les seules émissions liées à la circulation.
C'est ainsi que la "prime à la casse" ou le développement des voitures électriques (surtout si l'électricité est fabriqué à partie du charbon !) ne sont peut-être pas des mesures si bénéfiques pour l'environnement. Même la voiture hybride pourrait avoir une emprunte écologique plus importante qu'une voiture classique !
Dans ce contexte de doute, il n'y a pas de solution miracle. La transformation du parc automobile français vers du "tout électrique", nécessiterait la construction de plusieurs centrales nucléaires. De quoi réfléchir...
Et de rappeler qu'une voiture sera toujours source d'insécurité, de consommation abusive de l'espace et de congestion.